Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle présent partout à la surface de la planète mais plus spécifiquement dans les sous-sols granitiques et volcaniques. Il provient de la désintégration du radium lui-même descendant de l’uranium qui est un constituant de la croûte terrestre. A partir du sol et parfois de l’eau dans laquelle il peut se trouver dissous, le radon diffuse dans l’air. En atmosphère libre, il est dilué par les courants aériens et sa concentration est faible. Dans une atmosphère plus confinée, comme celle d’un bâtiment, il peut s’accumuler et atteindre des concentrations élevées.
Le radon dans les habitations provient presque exclusivement des émanations du sous-sol, la part par les matériaux de construction tels que le granit reste faible. La concentration en radon dans l’atmosphère des habitations dépend des caractéristiques du bâtiment (présence ou non d’un vide sanitaire, fissures etc…) et de la ventilation. On observe généralement des concentrations plus élevées en hiver lorsque l’atmosphère est plus confinée.
La voie aérienne apparaît comme le mode de contamination prépondérant. Le radon présent dans l’air inspiré ne reste que quelques secondes dans les voies respiratoires. Par contre, ses dérivés immédiats, eux-mêmes radioactifs et non gazeux, ont tendance à se fixer sur les particules fines constamment présentes dans l’air.
Ces poussières, une fois inhalées vont se déposer d’une part sur les bronches, d’autre part sur les parois des poumons. Le CIRC a reconnu en 1987 le radon comme cancérigène pulmonaire certain.
La situation régionale recouvre d’importantes disparités. Le Finistère est le département breton le plus touché par le cancer du poumon. A l’inverse, l’Ille et Vilaine présente la mortalité la plus faible. Si l’on se réfère à l’étude réalisée dans le cadre du PRQA par l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 20 % des décès par cancer du poumon seraient attribuables au radon en Bretagne, soit pour l’année 2000, environ deux cent trente décès.
- Dans l’habitat :
Du fait de la nature de son sous-sol, la Bretagne est l’une des régions métropolitaines les plus fortement concernées par le radon. Trois départements bretons ont été déclarés prioritaires : les Côtes d’Armor, le Finistère et le Morbihan. La campagne de mesures réalisée entre 1982 et 2000 en France fait apparaître les résultats bruts suivants :
Bretagne | France | |
Nombre de mesures | 1 113 | 12 641 |
Concentration moyenne - Bq /m3 | 121 | 90 |
Concentration médiane - Bq /m3 | 72 | 50 |
Habitations avec concentration > 400 Bq /m3 | 5 % | 2 % |
Habitations avec concentration < 200 Bq /m3 | 16 % | 9 % |
Ces chiffres permettent une approche de la situation comparée de la Bretagne par rapport à la France, mais l’échantillonnage des lieux de mesures n’est pas représentatif de la distribution des modes d’habitation notamment en raison de la sur-représentation dans cet échantillon des maisons individuelles par rapport aux immeubles collectifs.
entre 140 000 et 200 000 | présenteraient une concentration moyenne annuelle > | 200 Bq /m3 |
entre 30 000 et 60 000 | 400 Bq /m3 | |
entre 2 000 et 5 200 | 1 000 Bq /m3 |
Une nouvelle campagne de mesure réalisée en partenariat avec les quatre comités de la Ligue contre le cancer permet de confirmer l’importance de la problématique radon en Bretagne ainsi que l’intérêt, à titre préventif, de mesurer la concentration en radon à laquelle on est susceptible d’être exposé dans son logement.
Nombre de mesures | 1 766 |
Concentration moyenne - Bg/m3 | 218 |
Concentration médiane - Bg/m3 | 112 |
Habitations avec concentrations > 200 Bg/m3 | 27 % |
Habitations avec concentrations > 400 Bg/m3 | 12 % |
- Dans les établissements recevant du public
Le Code la Santé Publique impose aux propriétaires d’établissements sanitaires et sociaux, d’établissements d’enseignement et d’établissements pénitentiaires situés dans le Finistère, les Côtes d’Armor et le Morbihan de faire procéder à des mesures du radon dans leurs locaux. En Ille et Vilaine, la mesure n’est pour l’instant pas obligatoire. Seules certaines zones sont potentiellement exposées au radon. Une détermination de ces secteurs devrait se faire prochainement plus précisément sur la base d’un protocole nationale. Seuls les établissements situés dans ces zones jugées à risque seront alors concernés.
En Bretagne, 3113 établissements recevant du public (sur les 3539 concernés recensés – soit près de 88 %) avaient, au 31 décembre 2008 fait procéder à des mesures de radon. Parmi ces établissements :
Les résultats obtenus sont présentés dans le tableau ci-après :
nombre d'établissements | nombre < 400 Bq/m3 | nombre entre | nombre > 1000 Bq/m3 | |
Côtes d'Armor | 852 | 809 | 33 | 10 |
Finistère | 1 391 | 1 169 | 131 | 91 |
Morbihan | 870 | 765 | 84 | 21 |
Ille et Vilaine | mesures non obligatoires | |||
Après mise en œuvre d’actions correctrices efficaces ou non, 370 établissements restaient concernés par des valeurs supérieures à 400 Bq/m3 (11,9 %) : 248 (8 %) par des valeurs comprises entre 400 et 1000 Bq/m3 et 122 (3,9 %) par des valeurs > 1000 Bq/m3. Une remédiation a pu être obtenue en moyenne dans les Côtes d’Armor et le Finistère pour 110 établissements (environ 40 % des établissements concernés).
Voici quelques conseils permettant de réduire la concentration en radon dans les habitations
1) aérer les pièces du logement en ouvrant les fenêtres au moins une fois par jour pendant 20 à 30 mn et veiller à ce que les grilles d’aération ne soient pas obturées. Mettre en place, le cas échéant, un système de ventilation mécanique ; contacter un professionnel du bâtiment sur les moyens les plus efficaces à mettre en œuvre.
2) ventiler les vides sanitaires ou le sol en dessous du bâtiment ;
3) assurer l’étanchéité des voies d’entrée du radon (sous-sols, vides sanitaires, murs, planchers et passages de canalisations) ;
4) vérifier l’étanchéité du bâtiment à l’eau (drainage périphérique) ;
5) il est possible de mesurer la concentration en radon dans son logement : la mesure de la concentration en radon s’effectue sur une période de deux mois, hors période d’été, à l’aide d’un dosimètre que l’on peut se procurer auprès de fournisseurs spécialisés. Ce dernier est très facile d’emploi et transite aisément par la poste. Son prix est de 25 €
L’action 40 du second Plan national santé environnement 2009 – 2013 ( PNSE 2) vise la réduction de l’exposition au radon dans l’habitat.
Elle sera déclinée localement dans le second Programme régional santé environnement de Bretagne (PRSE 2 2009 – 2013) en cours d’élaboration.