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Prévention de la légionellose

Les légionelles sont des bactéries présentes à l’état naturel dans les eaux douces et les sols, où elles sont généralement inoffensives pour l’homme. En revanche, dans les bâtiments ou les installations industrielles, elles peuvent trouver des conditions favorables à leur prolifération (température comprise entre 25°C et 45°C, eaux stagnantes…). Lorsqu’elles se trouvent en suspension dans l’air associées à des gouttelettes d’eau, elles peuvent être respirées et entraîner des infections de l’appareil respiratoire

Généralités

Dans 95 % des cas, la maladie prend la forme bénigne d’un syndrome pseudo-grippal et guérit spontanément en 2 à 5 jours. Il s’agit de la  fièvre de Pontiac.
Dans 5 % des cas, la maladie se traduit par une pneumopathie aiguë grave et qui peut être mortelle (maladie des légionnaires ou légionellose). Les facteurs prédisposants sont l’âge croissant, l’alcoolisme, le tabagisme, l’immunodéficience, les affections respiratoires chroniques.

Parmi les 49 espèces recensées, Legionella pneumophila est responsable dans 99% des cas de légionellose.

Les installations à risque sont celles qui sont susceptibles de produire des aérosols contaminés : les réseaux d’eau chaude au travers des douches, les circuits des tours aéroréfrigérantes (TAR), les bains à bulles et les humidificateurs. Les épisodes de cas groupés de légionellose donnant lieu à des investigations épidémiologiques et environnementales afin d'identifier la ou les source(s) de contamination montrent que dans de nombreux cas, la contamination de tours aéroréfrigérantes par les légionelles peut être mise en cause.

Données épidémiologiques

En France, en 2010, 1540 cas ont été déclarés (28 % de plus qu’en 2009). La tendance à la baisse observée de 2005 à 2009 s’est inversée à l’échelle du territoire national. Au contraire de la Bretagne qui enregistre le taux annuel d’incidence le plus faible en France avec une vingtaine de cas de légionellose déclarés en 2010.

La situation reste stable puisque 22 cas domiciliés en Bretagne ont été déclarés en 2011 : 5 dans chacun des départements 22, 29, 56 et 7 en Ille et Vilaine.
Pour 21 de ces cas isolés, il n’a pas été possible d’identifier la source de contamination.

Les établissements recevant du public sous surveillance

L’arrêté du 1er février 2010 relatif à la surveillance des légionelles dans les installations de production, de stockage et de distribution d’eau chaude sanitaire impose aux responsables d’établissements recevant du public de mettre en œuvre une surveillance des installations collectives d’eau chaude sanitaire sur les paramètres température et légionelles.

Cet arrêté s’applique selon un calendrier qui s’est échelonné jusqu’au 1er janvier 2012 en fonction de la catégorie des établissements.

Les bons gestes – quelques conseils

Conseils de conception et d’entretien des réseaux d’eau chaude sanitaire :

  • Lors de la conception des réseaux d’eau chaude sanitaire, éviter les zones de stagnation de l’eau (coudes, bras morts…).
  • Maîtriser la température de l’eau froide en dessous de 20°C et celle de l’eau chaude au dessus de 50°C.
  • Calorifuger les conduites d’eau chaude et d’eau froide pour éviter le réchauffement de l’eau.
  • Lutter contre l’entartrage et la corrosion des éléments de robinetterie en les entretenant régulièrement.
  • Entretenir les réservoirs et les circuits de distribution (vidanges régulièrement et désinfection).
  • Supprimer les zones de stagnation.

Pour les professionnels de santé :

Pour confirmer rapidement le diagnostic, pensez au test de diagnostic rapide par recherche d’antigènes solubles urinaires et aux prélèvements bronchiques qui permettront d’isoler la souche clinique pour identifier ensuite avec certitude la source de contamination.

La légionellose est une maladie à déclaration obligatoire. Tous les cas doivent être signalés sans délai à l’ARS via le CORRSi (Centre Opérationnel de Réception et de Régulation des Signaux :  09 74 50 00 09)